GLOSSAIRE ARCHÉOLOGIQUE

Les termes définis ci-dessous ne reflètent pas une norme générale, mais seulement les choix sémantiques effectués dans le cadre du programme Tuvaaluk. Une partie d'entre eux constitue une ébauche de système terminologique.

 

Artefact (ou Artifact): étymologiquement: "fait de l'art". Il désigne en français, dans le cadre d'expériences scientifiques, un phénomène d'origine humaine, dû par exemple à une faute de préparation ou de manipulation, et qui est sans rapport avec l'expérience en cours mais introduit une erreur dans les données observées. En anglais, il a aussi un autre sens dont l'extension sémantique est très élastique. En principe, il désigne "les reliques matérielles du comportement culturel et social" et, comme un états-unien l'a rappelé avec humour, depuis que l'homme a laissé l'empreinte de ses pas sur la lune, celle-ci est devenue un "artefact". Mais certains archéologues limitent le sens du mot aux "outils". Il est donc souvent difficile de savoir à quoi fait référence ce mot. "Artefact" sonne mal en français et son flou sémantique dans le discours archéologique est au détriment de la précision du sens. Malheureusement il constitue un anglicisme lexical habituel au Québec, dont l'usage se répand en France en même temps que l'"américanosnobisme". Son utilisation relève de la facilité. Le français dispose de toute une gamme de termes allant du plus général au plus précis pour désigner les vestiges mobiliers: objet, pièces (archéologiques), outil, outillage, industrie, témoins (de différentes catégories), assemblage, etc. Voir Témoin et l'autre anglicisme: Puits

 

Bande: Sous-espace d'un site comprenant une série de carrés juxtaposés et alignés à l'intérieur du quadrillage. Une bande est désignée par un système de lettres ou de chiffres selon son orientation dans le quadrillage. Bande 43, Bande CB, par exemple. Voir Quadrillage, Sous-espace

 

Carré: plus petit élément du quadrillage dans lequel est inscrit un site avant la fouille. Il correspond à l'unité de fouille. Matérialisé sur le terrain par le carroyage de l'espace fouillé, le carré de fouille est l'unité d'enregistrement des observations. Il est identifié par un système de lettre et de chiffres. Exemple: carré BA-124.

 

Cercle de tente: en français, cela évoque des tentes placées en cercle.

Calque de l'anglais tent ring. C'est un emplacement de tente. Voir Structure principale de surface. Il s'agit des pierres de charge d'une tente, qui, seules, indiquent l'emplacement de cette dernière après que le camp a été levé. Ces pierres étaient utilisées autrefois pour maintenir au sol les peaux, comme sur l'image, et aujourd'hui la toile de la tente. Les piquets ne tiennent pas dans la toundra. Dans certains cas, les peaux recouvraient un véritable mur et l'on ne peut alors plus parler d'emplacement de tente, mais plutôt dune habitation plus permanente.

©MCC. Photo Leechman, 1936, Terre de Baffin

Carroyage: voir Quadrillage

 

Coefficients et indices

Lors de l'exploitation des données d'analyse, nous avons essayé d'évaluer globalement, au moyen de coefficients et d'indices, les tendances du comportement technique dont témoigne l'ensemble étudié (voir Plumet 1985a: p. 48)

Coefficient de fractionnement Cfr: Nombre d'objets/Poids total en kg.

Coefficient de façonnage Cfa: Nombre d'objets portant des marques de façonnage/Poids en kg.

Les objets portant des marques de façonnage sont ceux dont la forme originale a été modifiée par une action de l'homme (retouches, taille, polissage). Les débris, les déchets, les éclats bruts et les nucléus sont donc exclus. Ce coefficient peut être calculé pour l'ensemble des objets façonnés par éclatement ou polissage, mais aussi pour les objets polis seulement ou les objets façonnés par éclatement.

Coefficient d'utilisation Cu: Nombre d'objets façonnés (les outils) et des objets portant des stigmates d'utilisation (éclats utilisés)/le nombre total de témoins façonnés,

Indice de rendement Ir: % (nombre) d'objets utilisés/% (poids) d'objets utilisés, dans l'ensemble considéré.

L'indice de rendement est d'autant plus élevé qu'il y a plus d'objets utilisés par volume de matière première.

Couche: unité lithologique (de lithos qui signifie "pierre" en Grec) bien individualisée par rapport aux couches adjacentes. Synonyme de "strate".

 

Couche archéologique: unité de sol, ou "couche" constituée de dépôts laissés par les hommes ou contenant des vestiges de leurs activités. Voir Niveau, Occupation.

 

Couche globale: unité stratigraphique s'étendant à l'ensemble de l'espace étudié. Une couche globale peut regrouper plusieurs couches locales distinctes horizontalement ou verticalement. La définition des couches globales est le résultat de l'interprétation de la stratigraphie. Elles sont généralement identifiées par des lettres majuscules dans l'ordre de leur formation, donc du bas vers le haut. Voir Couche locale.

 

Couche locale: plus petite unité stratigraphique délimitée sur le terrain pendant la fouille. Souvent elle ne s'étend pas à tout le site, ni même à toute une structure. Les couche locales ont été le plus souvent numérotées dans l'ordre de leur identification, du haut vers le bas. Au niveau interprétatif, il est souvent apparu qu'une couche locale correspondait, par exemple, à une lentille de rejet de matériaux lors du creusement d'une habitation.

 

Décapage (fouille par) (ou: en aire ouverte, en décapage horizontal, en planimétrie): technique de fouille, d'abord utilisée par des archéologues Russes à partir de 1930 environ, puis développée en France par André Leroi-Gourhan. Elle consiste à dégager sur de grandes surfaces les couches de terrain successives en essayant de retrouver les sols d'occupation et les détails de leurs imbrications éventuelles. Elle implique une grande finesse d'enregistrement stratigraphique. Les objets témoignant des activités humaines sont laissés en place jusqu'au décapage complet de la couche. Cette technique, qui est au service d'un intérêt palethnologique, exige une fouille lente et réfléchie conduisant, en théorie, à l'enregistrement des relations pouvant exister entre les différents témoins des activités humaines (structures, traces, outillage, déchets, témoins écologiques) afin de reconstituer celles-ci. La plupart des fouilles modernes, du moins en Europe et souvent en Asie, procèdent selon cette technique lorsque les dépôts ne sont pas perturbés et que le cadre préhistorique régional est déjà connu. Voir Puits.

 

Ensemble (d'objets): Lors de l'analyse des objets-témoins ceux-ci sont regroupés en ensembles significatifs pour la problématique choisie. Un ensemble d'objets peut correspondre par exemple à l'espace d'une habitation, d'une aire d'activité ou à une catégorie technologique (les nucléus) ou fonctionnelle (les grattoirs). De même que l'espace-site est souvent subdivisé en sous-espaces de fouille, l'ensemble des témoins mobiliers peut-être subdivisé en sous-ensembles d'analyse. Voir Espace-site, Témoin.

 

Espace domestique: concept interprétatif. Intérieur d'une habitation où se déroulent les activités domestiques.

 

Espace-site: Parallépipède virtuel dans lequel s'inscrit le site archéologique. Pour faciliter l'informatisation des données spatiale, l'ensemble du site est théoriquement inscrit dans un parallépipède dont l'un des angles est le point de référence 0. Tous les témoins sont en principe localisés individuellement ou collectivement à l'intérieur de ce volume par rapport aux trois axes de coordonnées..Dans la pratique, seuls quelques sous-espaces du site sont fouillés et le carroyage horizontal n'est matérialisé sur le terrain qu'autour des sous-espaces de fouille. Toutefois, chaque unité de fouille de ces sous-espaces, généralement un mètre carré, est identifiée par rapport au quadrillage théorique de l'espace-site. Les nouvelles possibilités d'enregistrement électronique des données spatiales dans un site archéologique rend cette approche moins utile. Voir Ensemble, Quadrillage (les figures), Sous-espace.

 

Faciès: aspect particulier et prépondérant sous lequel se présente une formation archéologique dans un contexte donné. Faciès maritime de l'Archaïque, faciès continental ou nord groenlandais du Paléoesquimau inférieur par exemple. Aussi: ensemble de caractères d'un regroupement de témoins renseignant sur son origine culturelle ou géographique. Voir Formation

 

Façonnage: action de fabriquer, de mettre en forme un objet. Pour les objets en pierre, le façonnage se fait principalement par la taille, par le polissage, par le piquetage (qui prépare souvent le polissage) ou par une combinaison de ces différentes techniques. Dans le cadre des analyses, un indice a été utilisé pour rendre compte de l'importance du travail de retouche par rapport aux faces et à la longueur des bords de l'objet.

 

Formation archéologique: ensemble caractéristique de témoins matériels (traces, objets, structures) que l'on retrouve dans différents sites d'un terrritoire donné au cours d'une période particulière. L'interprétation anthropologique d'une formation archéologique n'est pas toujours évidente. Ce n'est pas forcément une "culture" au sens ethnologique du terme. L'identification d'une formation (archaeological culture en américain) est souvent une distinction empirique que l'archéologue établit en analysant le matériel qu'il a recueilli , en le comparant à d'autres dans la même région, et en se référant à ses observations de terrain. Une formation peut témoigner d'un groupe ethnique, d'une "culture" au sens ethnologique, comme elle peut aussi refléter une forme d'adaptation particulière de la culture matérielle d'un groupe ethnique à un milieu spécifique, à des activités saisonnières, ou à un certain moment de l'évolution d'une population dans le temps. La formation archéologique, pour Moberg (Moberg 1976: Introduction à l'archéologie, Paris, Maspero: 57-58), est "la totalité des vestiges de différentes sortes qui définissent un territoire" attribué à l'unité socio-culturelle étudiée par l'archéologue.

Les termes tels que "Dorsétien", "Thuléen", "Prédorsétien", "Groswatérien", "Indépendancien", réfèrent à des formations archéologiques. L'expression "culture dorsétienne", par contre, réfère au contenu culturel (au sens anthropologique) que l'on peut essayer de retracer à partir de l'interprétation des témoins matériels: objets, structures, traces archéologiques. Ces termes n'impliquent pas que, d'un point de vue anthropologique, il s'agisse de cultures différentes. Ils peuvent désigner des états successifs ou des manifestations régionales d'un même système culturel.

 

Gisement archéologique: terme emprunté au vocabulaire de la minéralogie. Ensemble de vestiges susceptibles d'être exploité archéologiquement

 

Horizon: dans l'espace géographique considéré ou dans un site, couche ou ensemble de couches archéologiques dont les témoins caractérisent nettement une formation ou une phase chronologique bien définie: horizon dorsétien par exemple.

 

Indices: Voir Coefficients et indices

 

Niveau: Ensemble d'éléments (sédiments, vestiges) qui se trouvent dans la même position stratigraphique (Leroi-Gourhan et al. 1988: Dictionnaire de la préhistoire, Paris PUF). Voir Couche

 

Objet: terme très général qu'il est préférable d'utiliser avec un autre mot, éventuellement sous-entendu par le contexte, qui en précise la nature ou la fonction: objet lithique, objet-témoin, objet façonné. Remplace avantageusement l'anglicisme Artefact Voir Artefact, Témoin

 

Objet façonné: désigne les objets à fort indice de façonnage (voir Témoin) et dont la forme permet de les identifier dans une catégorie typologique ou fonctionnelle. Le plus souvent ce sont les outils reconnaissables. Il est préférable d'utiliser ce terme à l'intérieur d'un système terminologique et dans un contexte analytique. À ne pas confondre avec témoin façonné, même si les outils sont les objets-témoins à plus fort indice de façonnage. Voir Façonnage, Témoin

 

Occupation: concept interprétatif reflétant la relation établie ou supposée entre une ou plusieurs couches archéologiques (donc contenant des témoins d'activités humaines) et la plus petite unité spatio-temporelle perceptible. Idéalement une couche globale correspond à une occupation, mais il est rarement possible d'établir la durée et la continuité des activités qui en témoignent. Une occupation archéologique peut correspondre à une longue série de séjours saisonniers. Voir Couche, Phase, Horizon.

 

Phase: regroupement de couches globales ou d'occupations dans l'espace archéologique analysé. La "phase" peut avoir une signification chronologique, mais aussi culturelle.

 

Puits (de sondage): calque lexical de l'anglais "pit" (trou, fosse) utilisé souvent au Québec, mais difficilement compris ailleurs, pour désigner aussi bien un sondage qu'une unité de fouille (ou carré). En français, un "puits" est une cavité circulaire profonde et étroite pratiquée dans le sol pour atteindre une nappe d'eau, de pétrole ou un gisement minier. Le plus souvent, du moins dans l'Arctique, les sondages ne dépassent pas quelques décimètres de profondeur! Un "puits de sondage" est donc un sondage tout simplement. L'expression reflète une vieille habitude de l'archéologie nord-américaine qui consiste à fouiller un site au moyen d'une série de trous espacés ou séparés par des bermes, et destinés à établir une sériation des objets par couche stratigraphique, le plus souvent arbitraire. Cette approche prioritairement diachronique, occulte toute vision synchronique de l'espace lié à une occupation humaine. À la suite des Russes (depuis 60 ans) et des Européens (depuis 40 ans), des archéologues américains ont commencé à adopter la fouille par décapage de larges surface qui permet une approche palethnographique. Voir Carré, Décapage, Quadrillage, Sondage, Unité de fouille, .

 

Quadrillage, ou carroyage: La fouille vise idéalement à localiser en trois dimensions dans le site tous les témoins matériels de l'activité humaine. Cette localisation s'effectue par rapport à un système d'axes de coordonnées dans lequel s'inscrit un quadrillage à l'unité de fouille. Celle-ci est généralement le mètre carré. Pour faciliter l'enregistrement des localisations par les fouilleurs, le quadrillage est habituellement matérialisé horizontalement sur le terrain par des ficelles ou d'autres repères qui constituent le carroyage. C'est par rapport à l'angle du carré "unité de fouille" le plus proche du point d'origine du système d'axe que le fouilleur mesure la position des témoins (abscisse et ordonnées). Son hypsométrie (élévation par rapport au point d'altitude zéro, correspondant au niveau repérable des plus hautes marées) est mesurée au moyen d'un niveau ou d'un théodolite.

Le carroyage permet d'identifier chaque unité de fouille par un chiffre (dans un sens) et par une lettre (dans l'autre sens). Une ou plusieurs bandes du carroyage peuvent facilement être désignées par leur chiffre ou leur lettre selon le cas. (voir Bande).

 

L'utilisation de l'informatique dès 1976 pour obtenir des plans de distribution des témoins impliquait alors d'éviter les mesures négatives. Aussi était-il important que la totalité de l'espace-site s'inscrive dans un seul quadrant du système d'axes de coordonnées: I, II, III ou IV. Le choix du quadrant était seulement dicté par les conditions topographique. Aujourd'hui, les logiciels utilisent sans problème des valeurs positives et négatives combinées dans la même base de donnée. De plus, des techniques encore peu répandues permettent un enregistrement électronique des plans en même temps que des localisations sans qu'il soit nécessaire d'implanter un carroyage sur le terrain. Voir: Carré de fouille, Unité de fouille, Puits, Sondage.

 

Le quadrillage théorique de l'espace-site et la localisation des objets

 

Site archéologique: à ne pas confondre avec "gisement archéologique" (voir ce mot). Le site est l'espace de terrain contenant une ou plusieurs concentrations de vestiges archéologiques (gisement, structures, objets, traces). La délimitation d'un site s'effectue de façon purement empirique, puisque lors de la découverte de vestiges, l'archéologue ignore le plus souvent à quel niveau d'ensemble ceux-ci peuvent être regoupés: une seule habitation, une station, un village, une superposition de villages? Le site est donc le regroupement de vestiges le plus distinctement perçu par l'archéologue avant la fouille. Pour des raisons pratiques, en cas de doute, mieux vaut commencer par délimiter un site trop grand, qu'il sera facile de subdiviser par la suite, que de morceler l'espace en plusieurs sites qu'il est toujours difficile de fusionner en cours de fouille, après l'implantation d'un Carroyage (ou Quadrillage). Voir ces mots.

 

Sondage: fouille d'extension très limitée, parfois moins d'un mètre carré (sondage restreint), destinée à vérifier l'existence, le potentiel ou l'étendue d'un gisement archéologique. Les sondages systématiques font généralement l'objet d'une localisation sur un plan du site. Équivalent de l'anglicisme lexical québécois "test pit". Voir Puits

 

Sous-ensemble: voir Ensemble

 

Sous-espace: Un site archéologique constitue l'espace-site qui n'est en pratique jamais fouillé totalement. Les parties d'un site qui font l'objet de fouilles et sur lesquelles un carroyage est installé constituent des sous-espace (de fouille). Ils sont désignés soit par des lettres, lorsqu'ils semblaient, avant la fouille, correspondre à des structures principales, soit par le carré le plus proche du point d'origine du système d'axes de coordonnées. Voir Quadrillage, Espace-site.

 

Structure: de struere = construire. Ensemble de vestiges reflétant une organisation. Cette organisation peut être due à des éléments naturels (terme fréquemment employé dans les sciences de la nature) ou anthropique lorsqu'il s'agit d'archéologie). La structure est aussi "...la trame des rapports unissant différents témoins qui constituent un 'groupement significatif'" (Leroi-Gourhan et Brézillon 1972, p. 325). Une structure peut être immédiatement évidente, car directement perceptible (foyer, habitation bien conservés, ou latente, si sa pertinence n'est décelable que par une analyse microtopographique (liaison entre des chutes de burin et le burin d'origine, entre des produits de débitage et un nucléus par exemple).

Une construction anthropique est généralement constituée d'objets bruts choisis par l'homme selon certains critères (des blocs de pierre, des pierres plates) ou d'objets plus ou moins façonnés par lui (des pierres écarries, des pieux), qui sont reliés en une même "structure".

Structure est un terme générique descriptif faisant partie d'un vocabulaire d'attente évitant l'utilisation prématurée et souvent aléatoire de termes interprétatifs tels que "maison", "habitation", "cache", "sépulture", "foyer". Comme l'extension sémantique du mot "structure", employé seul, est très large (tout comme les termes anglais plus ou moins équivalent d'occupational unit ou feature ), il est préférable de l'utiliser avec un adjectif précisant la perception empirique de l'observateur sur le terrain.Dans le cadre du programme Tuvaaluk, nous avons distingué:

Les structures principales: dans un site archéologique, en raison de leurs dimensions, elles sont généralement faciles à distinguer des autres, nettement plus petites. Il s'agit le plus souvent de structures d'habitation ou d'un enchevêtrement de structures diverses. Elles peuvent être de surface ou de creusement. Un code empirique arborescent a été établi afin de répartir rapidement, lors des reconnaissances, les structures d'un site dans les principales catégories et sous-catégories observées dans l'Arctique.

Les structures secondaires, qui peuvent également être de surface ou de creusement, désignent toute construction indépendante que l'on peut percevoir dans un site et qui ne peut être une structure principale: cache, piège, fosse, mur d'affût, etc.

Aménagement structural désigne un éléments de structure constituant une "sous-structure": aménagement axial, niche, plate-forme, couloir, etc.

Voir Témoin.

Structure de combustion: structure anthropique associée à des témoins de combustion. Au niveau interprétatif, il peut aussi bien s'agir d'une aire de rejet de braises et de cendres, d'une boîte à braise, d'un foyer construit, d'une dalle sur laquelle était posée une lampe à huile...

Structure d'élévation: paroi, mur, cloison

 

Structure de creusement (ou d'excavation): fondation, trou, fosse, puits, cuvette...

 

Témoin: Terme générique indiquant la "fonction" des vestiges des activités humaines ou de phénomènes naturels (voir Témoin écologique). Employé seul, son extension sémantique est presque aussi large que celle du mot anglais "artefact". Aussi est-il généralement accompagné d'un déterminatif. Il s'inscrit toutefois dans un système terminologique adapté de Leroi-Gourhan (Leroi-Gourhan et Brézillon, 1972). On distingue donc, à un niveau général, les structures-témoins, les objets-témoins. Ces derniers, lorsqu'ils sont les produits des activités de fabrication de l'homme, sont les témoins façonnés, terme, il faut le reconnaître, qui prête un peu à confusion (voir objet façonné). L'utilisation d'un indice de façonnage a été expérimenté pour rendre compte globalement de l'importance du travail de taille effectué sur les objets. Ont été distingués les produits bruts, le façonnage localisé, le façonnage généralisé (à tendance bifaciale et bifacial). En dehors du contexte analytique, il est préférable d'employer d'autres termes indépendants de tout système: objets (lithiques, osseux...), industrie, outils, éclats, vestiges mobiliers ou structuraux. (Pour plus de détails, consulter le chapitre 3 dans Plumet 1985a. Voir Artefact, Objet façonné

 

Témoin écologique: objet témoignant du milieu contemporain d'un gisement archéologique: restes végétaux ou animaux par exemple. Au Québec, l'anglicisme lexical "ecofact" est souvent utilisé. Il fait écho à artefact.

 

Trace: marque laissée par une action anthropique (due à l'homme) ou naturelle: des pas, un passage fréquent (sentier), l'application d'un colorant, la décomposition d'une matière organique dans le sol, des traits gravés ou peints sur une paroi rocheuse sont des exemples de "traces". Voir "Vestiges archéologiques"

 

Unité de fouille: carré défini par le quadrillage d'un site destiné à la fouille. C'est par rapport à deux des côtés perpendiculaires de l'unité de fouille que seront mesurées les coordonnées des témoins. Un carré d'un mètre de côté est le plus souvent utilisé, mais dans certains cas, l'unité de fouille peut être plus grande. Voir Quadrillage, Carré, Puits

 

Vestige archéologique: ce qui subsiste des activités humaines. Les structures, les objets et les traces laissés par le passage de l'homme sont le plus souvent réduits à l'état de vestiges, à la suite des dégradations survenues avec le temps. Ces vestiges ont pour l'archéologues une fonction de témoins: témoins culturels, paléontologiques, témoins des activités, de l'économie, de l'art. Voir Témoin.

 

Vestiges fugaces: vestiges trop mal conservés pour être prélevés et qui se présentent souvent sous forme de traces plus ou moins distinctes: os ou bois décomposés, traces de combustion, taches d'ocre (hématite), etc. Ces vestiges sont donc à l'état "fugace".