Parisot, A.-M., A. Pilarski, L. Richer-Lemay, J. Rinfret et A. Voghel (2008) «Description de la variation du marquage spatial en langue des signes québécoise (LSQ)», Acfas, Québec, mai.


Les langues signées utilisent la superposition spatiale pour marquer les relations référentielles entre les éléments linguistiques (Klima et Bellugi, 1969). Plusieurs marques permettent d'assigner ou de réutiliser un locus dans le discours (Wilbur, 1977 pour l'ASL; Engberg-Pedersen, 1993 pour la DSL; Zeshan, 2000 pour l'ISPL). On a montré qu'en LSQ, 4 marques (localisation directe d'un élément, production du signe POINTÉ, cible du regard et orientation du tronc) peuvent agir sur le nom, isolément ou ensemble, pour actualiser dans l'espace des référents définis ou indéfinis, spécifiques ou génériques (Parisot, 2003; Parisot et Rinfret, 2007). Une question demeure toutefois quant à la nature de cette variation, que nous postulons être liée à l'organisation de l'information morphosyntaxique et discursive. Nous proposons dans cette communication une démarche méthodologique permettant la cueillette de la production et de la perception des contrastes de formes et de sens impliqués dans l'utilisation des 4 marques. Nous présenterons l'argumentation théorique qui sous-tend notre hypothèse structurelle et la justification de notre démarche méthodologique. Nous présenterons aussi les résultats de l'analyse d'un discours naturel ayant conduit à l'élaboration d'une grille de critères d'élicitation et la distribution de ceux-ci dans un test de production (20 films muets suivis de questions) et de jugements sémantiques (séquences d'événements à associer à des phrases en LSQ).