PARISOT, A.-M., D. DAIGLE et F. ARMAND (2003) "Lecture, bilinguisme et rôle de la L1 : le cas des élèves sourds gestuels", Acfas, Université du Québec à Rimouski, mai.

Très peu d'études ont tenté d'établir les liens entre la maîtrise de la langue première (L1) à l'oral à la compétence en lecture en langue seconde (L2). Une d'entre elles (Verhoeven, 1990), réalisée auprès d'enfants scolarisés en néerlandais (L2) dont la L1 est le turc, a montré que la compétence à l'oral en L1 était corrélée à la compréhension de texte en L2. Ce contexte d'apprentissage caractérise la situation des immigrants allophones qui arrivent au Québec avant l'âge scolaire et qui sont scolarisés en français. Il marque aussi, en apportant certaines nuances, la situation des enfants sourds gestuels québécois qui ont acquis la langue des signes québécoise (LSQ) comme L1 et qui entrent à l'école sans connaissance du français. Le but de cette présentation est de définir le rôle de la L1, notamment en syntaxe, dans l'apprentissage de la L2 à l'écrit. Pour ce faire, nous démontrerons, à partir de la situation d'apprentissage des enfants sourds et en considérant, selon le cadre développé par Bouchard (2002), les aspects adaptatifs de la grammaire des deux langues, que la sensibilisation systématique à la syntaxe de la LSQ est essentielle au développement de la compétence syntaxique en français écrit. Suivant une approche cognitiviste, nous décrirons d'abord les qualifications linguistiques préalables à l'apprentissage de la syntaxe du français écrit de façon à ce que les nouvelles connaissances puissent être intégrées à celles que possède déjà le lecteur. Nous démontrerons ensuite que la capacité à réfléchir sur la syntaxe de la LSQ peut favoriser un transfert de compétence de type métalinguistique bénéfique à l'apprentissage du français écrit.

1. Problématique : la lecture en L2 et rôle de la L1 (question des élèves qui n'ont pas de L1 à l'écrit, notamment des sourds)
2. Description de la situation des sourds québécois
3. Définition de la lecture et l'approche cognitiviste (intégration de nouvelles connaissances à d'anciennes connaissances)
4. Définition du bilinguisme et spécificité du bilinguisme sourd
5. Comment la LSQ peut faciliter la compréhension de la syntaxe du français écrit
5.1 Pas de lien direct : la syntaxe du français ne " colle " pas à celle de la LSQ
5.2 Analyse comparative (exemples)
5.3 Faciliter le processus d'intégration de nouvelles connaissances (français) en passant par l'enseignement des structures syntaxiques en LSQ
5.4 Développement de la compétence métalinguistique
6. conclusion