Daigle, D., F. Armand et A.-M. Parisot (2004) "La sensibilisation métasyntaxique en L1 pour aborder la syntaxe en L2", colloque Surdité et société : l'interdisciplinarité en réadaptation et en éducation, les 11 et 12 mai, dans le cadre du 72e Congrès de l'Acfas, Montréal : UQÀM.

L'apprentissage de la lecture requiert la participation, parfois de façon concomitante, de processus descendants et ascendants (Fayol, 1992). Un de ces processus concerne l'analyse syntaxique du matériel à lire. Parmi les facteurs agissant sur le développement de la lecture, la conscience métalinguistique est d'un intérêt particulier (Gombert et Colé, 2000). Pour les sourds sévères ou profonds qui ont comme langue première la langue des signes québécoise (LSQ), l'apprentissage du français écrit, comme langue seconde, représente une tâche ardue (Dubuisson et Daigle, 1998). En français, les phrases sont produites en tenant compte des règles syntaxiques qui déterminent notamment l'ordre des mots et les relations qu'ils entretiennent. En LSQ, les signes ne sont pas organisées suivant un ordre strictement séquentiel, mais tirent plutôt avantage de l'espace qui contribue à former les énoncés (Parisot, 2003). Afin que les sourds développent une meilleure compétence à traiter la syntaxe du français, nous faisons l'hypothèse, suivant Bialystok (2001) pour les entendants, que la sensibilisation métasyntaxique en L1 agirait sur le traitement syntaxique en L2 chez les sourds. L'objectif de cette présentation est de présenter un cadre conceptuel nécessaire à la compréhension du développement de la lecture chez les sourds. Les énoncés de ce cadre devraient permettre d'opérationnaliser cette hypothèse qui pourra être vérifiée dans le cadre de recherches ultérieures.