Lelièvre, L., A.-M. Parisot et C. Dubuisson : " La catégorisation verbale en langue des signes québécoise (LSQ) ", colloque de l'Acfas, 15 mai 2002.

La plupart des classifications verbales proposées dans la littérature pour les langues signées sont établies en fonction des propriétés morphologiques des verbes qui déterminent le type d'accord morphologique permis (cf. entre autres, pour l'ASL : Padden, 1983; Janis, 1995; Petronio, 1995; Bahan, 1996; Neidle et al., 2000; pour la BSL : Deuchar, 1984; Sutton-Spence et Woll, 1999; pour la langue des signes danoise : Engberg-Pedersen, 1991 et 1986; pour la langue des signes italienne : Pizzuto, 1986; pour la langue des signes israëlienne : Meir, 1995; pour la langue des signes taiwanaise : Smith, 1989). Quoique les caractéristiques décrites dans ces travaux s'appliquent aussi aux verbes de la LSQ, il ne semble pas y avoir lieu d'établir quatre catégories morphologiques distinctes de verbes dits d'accord de la LSQ (à classificateur, directionnels, réversibles ou orientationnels et locatifs). L'objectif de cette présentation est de montrer qu'une classification des verbes de la LSQ en fonction de leur forme phonologique est économique et permet de prédire les réalisations possibles de l'accord verbal. Dans un premier temps, nous montrerons comment les quatre catégories morphologiques de verbes d'accord proposées dans la littérature peuvent être réanalysées, pour les verbes de la LSQ tout au moins, en deux catégories phonologiques (à deux ou à un seul constituant structurel variable). Ces deux catégories découlent du type de lieu(x) d'articulation (ancré ou non) et du type de mouvement (réversible ou non). Dans un deuxième temps, nous exposerons comment la classification phonologique proposée permet d'inférer le type d'accord approprié pour les différents verbes de la langue.