PRÉSENTATION GÉNÉRALE

IRMA

Initiative interuniversitaire de recherche sur les manuscrits et les archives littéraires


SOMMAIRE










*****************
PRÉSENTATION

Depuis quelques années, les travaux menés par plusieurs équipes de recherche ont démontré que le travail en archive est devenu l'une des plus importantes sources de renouvellement des problématiques en études littéraires. Rédaction de biographies, recherches en histoire culturelle menées à partir de fonds d'écrivains, études génétiques, travaux sur les réseaux littéraires, études systématiques de journaux ou de bibliothèques anciennes dans une perspective littéraire sont autant de pratiques qui sont rendues possibles grâce à une utilisation nouvelle des manuscrits d'écrivains et des archives de nature diverses. Au moment où le dépôt des archives d'écrivains devient plus systématique et où la mise en forme d'un grand nombre d'éditions critiques a conduit à la constitution d'importants fonds, il nous paraît essentiel de mettre en question nos méthodes, d'élaborer de nouveaux modes de collaboration entre les équipes de travail, par-delà la diversité des objets et des problématiques, et de réfléchir en commun à la façon dont les travaux sur l'archive infléchissent la structuration du champ des études littéraires au Québec.



OBJECTIFS GÉNÉRAUX

L'Initiative interuniversitaire de recherche sur les manuscrits et les archives littéraires (IRMA) permettra d'évaluer l'état de la recherche en archives dans les études sur la littérature québécoise; de définir plus précisément la notion de “patrimoine littéraire” et de décrire ce qui nous paraît ressortir du patrimoine littéraire québécois; d'analyser les défis de nature conceptuelle et méthodologique qui sont liés au travail sur le manuscrit et l'archive littéraire; de mieux former les étudiants appelés à travailler en archives; de développer, grâce à une réflexion commune sur nos méthodes, des stratégies de recherche propres à permettre une intégration plus féconde des travaux en archives dans l'ensemble des études littéraires au Québec.

IRMA constitue une innovation majeure susceptible à la fois de permettre aux chercheurs de découvrir ensemble de nouvelles façons de produire et de diffuser des connaissances, d'encourager l'analyse critique des pratiques de recherche actuelles grâce à l'exploration systématique des outils conceptuels et méthodologiques en vigueur, et de promouvoir la conservation et le traitement des fonds d'archives ayant une portée littéraire, y compris ceux liés au patrimoine livresque ancien.

IRMA, enfin , entend participer aux débats de société entourant actuellement le statut et la gestion du patrimoine littéraire en favorisant l'émergence de réflexions approfondies sur la nature du manuscrit et de l'archive et en offrant une plate-forme commune apte à rendre plus efficaces les interventions dans les milieux culturel et archivistique.



IRMA: UNE ÉQUIPE AUTOUR DE L'ARCHIVE

IRMA est le fruit d'une collaboration formelle entre deux centres de recherche, le Centre québécois de recherche sur l'archive littéraire et le Centre d'études québécoises (
CRILCQ/UDM). La plupart des chercheurs qui travaillent actuellement au Québec sur des archives d'écrivains se trouvent regroupés. Issus de sept universités canadiennes (Université Concordia, Université Laval, Université McGill, Université de Montréal, Université d'Ottawa, Université du Québec à Montréal et Université du Québec à Trois-Rivières), ils travaillent tous dans le cadre d'équipes dont les projets de recherchent utilisent l'archive littéraire dans différentes perspectives : génétique littéraire et édition critique, textologie, archéologie littéraire et histoire culturelle. Par ailleurs, divers problèmes techniques et diverses problématiques de recherche associés au travail sur les manuscrits et/ou les archives constituent pour tous des enjeux: absence d'inventaire des fonds entièrement ou partiellement littéraires, nécessité du partage des informations et de la création d'outils de recherche et d'analyse, problèmes de nature technique et déontologique, statut fragile des manuscrits et des archives littéraires.

Les travaux seront menés dans le cadre d'activités regroupant les chercheurs du groupe (site Intranet comportant un inventaire des manuscrits et fonds d'archives littéraires ainsi qu'un Code de déontologie mis au point collégialement, rencontres de travail) et diffusés par divers moyens dans la communauté universitaire (séminaires interuniversitaires, colloques, publications) ou dans l'espace public (interventions sur la gestion du patrimoine).



OBJECTIFS SPÉCIFIQUES

Pendant longtemps, le travail sur les archives et les manuscrits d'écrivains a été considéré comme une pratique ancillaire aux études sur la littérature québécoise, auxquelles il fournissait un matériau inerte. Les travaux en cours au sein de plusieurs équipes permettent de constater qu'au contraire, le travail en archive est devenu l'une des plus importantes sources de renouvellement des problématiques de recherche, non seulement en histoire littéraire, mais aussi en analyse des textes. Cela tient au fait que ce travail tend à se diversifier à la fois dans ses pratiques concrètes, dans les horizons théoriques qui sont les siens et dans les types de résultats qu'il produit. Rédaction de biographies, recherches en histoire culturelle menées à partir de fonds d'écrivains, études génétiques, travaux sur les réseaux littéraires, études systématiques de journaux ou de bibliothèques anciennes dans une perspective littéraire sont autant de pratiques nouvelles, chacune associée à des horizons théoriques particuliers : on peut véritablement parler de nouvelles orientations de la recherche. Or, au-delà de la diversité des objets et des ancrages théoriques, tous ceux qui travaillent sur l'archive littéraire se heurtent à des difficultés similaires : fonds lacunaires ou introuvables, incertitudes quant au statut de certaines pièces, effet déstabilisant du travail en archive sur les certitudes antérieures de l'analyse des textes publiés. Au moment où le dépôt des archives d'écrivains devient plus systématique, où la mise en forme d'un grand nombre d'éditions critiques — celles de la Bibliothèque du Nouveau Monde (Corpus d'éditions critiques) mais aussi celle de l'EDAQ (Projet d'Édition et Fonds Hubert Aquin) — a conduit à la constitution d'importants fonds, il paraît essentiel de mettre en question nos méthodes, par une interrogation de fond sur la tension qui existe entre la pratique de la recherche sur les manuscrits et les archives et les problématiques de recherche. Il s'agit d'élaborer de nouveaux modes de collaboration entre les équipes de travail, par-delà la diversité des objets et des problématiques : il nous faut réfléchir en commun à la façon dont les travaux sur l'archive interagissent entre eux et infléchissent la structuration de notre champ d'études et penser la façon dont, s'appuyant sur les importants acquis archivistiques des dernières années, les études littéraires sur le Québec pourront être reconfigurées. Nos objectifs sont donc les suivants :

1) évaluer l'état de la recherche en archives dans les études littéraires québécoises;
2) définir, inventorier et décrire le “patrimoine littéraire” québécois;
3) analyser les défis de nature conceptuelle et méthodologique qui sont liés au travail sur le manuscrit et l'archive littéraires;
4) s'appuyer sur cette réflexion pour mieux former les étudiants appelés à travailler en archives;
5) développer conjointement, grâce à une réflexion commune sur nos méthodes, des stratégies de recherche propres à permettre une intégration plus féconde des travaux en archives dans l'ensemble du domaine des recherches en littérature et contribuer par là à renouveler les travaux en études québécoises.
6) permettre aux chercheurs de participer aux débats de société entourant actuellement le statut et la gestion du patrimoine littéraire en favorisant l'émergence de réflexions approfondies sur la nature du manuscrit et de l'archive et en offrant une plate-forme commune apte à rendre plus efficaces les interventions dans les milieux culturel et archivistique : notre rapport à la genèse des œuvres singulières comme à la complexité de l'histoire culturelle passe par la conservation et la valorisation de l'archive qui en constitue la trace.

Notre initiative contribuera également à accroître la qualité des travaux individuels dans lesquels sont engagés les membres, à mieux former les nouveaux chercheurs et à favoriser les transferts de compétences grâce à des échanges mettant en jeu tous les aspects du travail concret sur les manuscrits et/ou les archives littéraires. Enfin nos activités seront explicitement ouvertes sur les interrogations actuelles de la cité, là où s'amorce justement un débat autour de la conservation et de la mise valeur du patrimoine.



HISTORIQUE ET ENJEUX THÉORIQUES

Une première expérience de travail conjoint sur l'archive, le séminaire conjoint Littérature et archives. Les objets de mémoire, tenu en 1999-2000 (collaboration UQAM/Université de Montréal réalisée par Bernard Andrès, Jacinthe Martel et Micheline Cambron), a permis de mesurer à la fois la convergence des intérêts, la pertinence d'un regroupement des chercheurs, de même que la plus-value qui en résulte pour la formation des étudiants amenés à se familiariser avec plusieurs façons d'aborder l'archive. D'une certaine manière, la présente initiative prolonge cette première expérience mais lui donne une envergure inédite, tant par le nombre des chercheurs dont elle émane que par la diversité des corpus, des époques et des problématiques qui se trouveront accueillis. Elle témoigne des besoins nouveaux, nés d'un travail plus intensif et plus systématique de l'archive, et d'un vif désir d'y faire face dans la collégialité, par la mise en commun de ressources intellectuelles et matérielles.

En effet, les chercheurs ici rassemblés souscrivent au postulat sur l'archive littéraire comme matière et mémoire de l'invention énoncé par les membres du centre ARCHÈ (ANDRES, 1995,1999) et repris dans le cadre du séminaire conjoint, lequel repose sur la distinction entre monuments et documents, introduite par Michel FOUCAULT (1969) et prolongée dans la réflexion d'Arlette FARGE (1989). Alors que l'approche traditionnelle ne retient des monuments du passé que leur valeur documentaire en les appréhendant comme des objets transitifs exploités à d'autres fins (histoire, biographies, etc.), il importerait plutôt de procéder à la description et à l'analyse intrinsèque de ces monuments car l'archive n'est pas un simple relais, une matière inerte à travers laquelle on pense autre chose : cette matière est surtout la trace d'une mémoire appelée à devenir force vive de l'invention littéraire. Notre initiative est donc étroitement associée au désir des chercheurs participants de s'engager, à titre individuel, dans une réflexion commune propre à renouveler les pratiques comme à ouvrir de nouvelles voies à la réflexion, laquelle s'inscrit dans une réflexion contemporaine sur la mémoire (CAMBRON, 2002; ESPAGNE, 1998; NORA, 1984-1992 et 1997; NEEFS, 1993; RICŒUR, 2000).

Cette initiative s'appuiera, comme ce séminaire conjoint, sur une collaboration formelle entre le CÉTUQ et ARCHÈ, dont les directeurs respectifs, Micheline Cambron et Bernard Andrès, seront d'ailleurs conjointement responsables de l'Initiative de recherche.

Le CÉTUQ, Centre d'études québécoises rattaché au Département d'études françaises de l'Université de Montréal, est le dépositaire d'archives importantes et les questions entourant les manuscrits et les archives le touchent directement. De plus, nombre de travaux qui y sont menés mettent en jeu l'histoire littéraire et le recours à des sources manuscrites ou archivistiques et plusieurs chercheurs participant à la présente initiative lui sont rattachés (Gilles Lapointe (UQAM), Ginette Michaud, Elisabeth Nardout-Lafarge, Pierre Nepveu). Le CÉTUQ a aussi un partenariat avec le Centre d'études francophones Québec-Pacifique (Simon Fraser University), lié à la mise en valeur d'archives sur la communauté francophone de Colombie-Britannique. Cela en fait donc la structure d'accueil principale toute désignée, d'autant plus que l'infrastructure administrative actuelle du Centre et sa tradition de partenariat avec les instances du milieu archivistique faciliteront la gestion.

Quant au Centre ARCHÈ (Centre québécois de recherche sur l'archive littéraire), il est directement lié à une réflexion sur l'archive de plus, TROIS chercheurs de l'équipe en sont membres, Bernard Andrès (UQAM), Jacinthe Martel (UQAM) et Marc André Bernier (UQTR). Résolument engagé dans une réflexion sur l'archive, ce centre dispose déjà d'un site Internet qui lui est consacré (http://www.unites.uqam.ca/arche/); il a également organisé deux colloques sur les questions liées aux archives et aux manuscrits littéraires (2000, 2001) et publié deux ouvrages, dans la collection “Figura. Textes et imaginaires” (Département d'études littéraires, UQAM). De plus, ce centre entretient des relations suivies avec l'ITEM (l'Institut des textes et manuscrits modernes, CNRS, France), lesquelles pourront , dans le cadre d'IRMA, ouvrir à des échanges et des stages de recherche croisés.

Les chercheurs regroupés grâce à cette initiative sont issus de sept universités canadiennes (Université Concordia, Université Laval, Université McGill, Université de Montréal, Université d'Ottawa, UQAM et UQTR) et ils travaillent tous dans le cadre d'équipes qui comportent d'autres chercheurs et/ou des étudiants assistants de recherche. On trouvera plus bas une présentation plus détaillée des chercheurs et de leur collaboration au projet.

Il importe de souligner que se trouvent ici regroupés la plupart des chercheurs qui travaillent actuellement sur des archives d'écrivains du XXe siècle au Québec : les chercheurs du Groupe de recherche sur Gabrielle Roy (Jane Everett, François Ricard et Sophie Marcotte); ceux qui travaillent sur les archives de Gaston Miron (Marie-Andrée Beaudet et Pierre Nepveu) ou sur celles de Jacques Ferron, dans l'équipe Jacques Ferron inédit (Marcel Olscamp, Ginette Michaud, Pierre L'Hérault); Élisabeth Nardout-Lafarge, qui se penche sur les manuscrits de Réjean Ducharme; François Dumont, responsable du fonds d'archives déposé à l'Université Laval par la Fondation de Saint-Denys Garneau et des archives de Fernand Dumont; Jacinthe Martel qui, outre ses travaux sur les manuscrits de Francis Ponge et d'Hubert Aquin, travaille sur ceux de Jacques Brault; Gilles Lapointe, qui se consacre aux archives et aux manuscrits de Paul-Émile Borduas et de Claude Gauvreau; et David McKnight, bibliothécaire responsable de la mise en valeur du fonds Hugh McLennan à l'Université McGill.

Par ailleurs, Marc André Bernier, qui s'intéresse au patrimoine livresque et travaille à l'édition de manuels de rhétorique manuscrits du XVIIIe siècle, Bernard Andrès, spécialiste des archives littéraires de la période de la Conquête et Micheline Cambron, co-responsable de l'édition critique de la pièce de théâtre de Pierre Petitclair Une partie de campagne et spécialiste du journal au XIXe siècle, font partie de l'équipe, élargissant ici le cadre des interrogations sur l'archive comme source de l'invention.

Bien que tous ces travaux soient directement liés à la littérature, on notera l'ouverture transdisciplinaire qui se trouve imposée par la nature même de certains fonds. Comment en effet analyser les productions de Jacques Grasset de Saint-Sauveur (1757-1810) sans prendre en compte son travail d'illustrateur ? Comment aborder les manuscrits de Borduas — ou même ceux de Saint-Denys Garneau, peintre et dessinateur à ses heures — sans tenir compte de l'horizon de l'histoire de l'art ? Comment aborder les archives Fernand Dumont sans tenir compte des traditions philosophiques et sociologiques? C'est dire que l'une de nos préoccupations théoriques sera de définir la manière dont peuvent être intégrés au travail sur l'archive littéraire d'autres horizons disciplinaires. Ainsi pourront être développées les réflexions actuelles sur les relations entre littérature et histoire, dès lors que se métissent les pratiques et se complexifient les problématisations (LAMONDE, 2002). Par ailleurs, les chercheurs ne sont pas ici rassemblés exclusivement autour de la nature de leurs objets: divers problèmes techniques et diverses problématiques de recherche associés au travail sur les manuscrits et/ou les archives constituent pour nous tous des enjeux.



PROBLÈMES SPÉCIFIQUES AU TRAVAIL SUR LES MANUSCRITS ET LES ARCHIVES LITTÉRAIRES
1) Absence d'inventaire général des fonds entièrement ou partiellement littéraires

Bien qu'en principe la Bibliothèque nationale du Québec et la Bibliothèque nationale du Canada soient les dépositaires désignés des fonds littéraires, il n'en demeure pas moins que beaucoup de fonds pertinents à nos travaux se trouvent, suite à divers aléas, déposés soit aux Archives du Canada ou du Québec, soit dans des centres régionaux ou municipaux voire même dans des institutions publiques ou privées. Cet état de choses, qui n'est pas propre à la littérature québécoise, pose cependant aux chercheurs des problèmes qui appellent diverses actions. Ainsi paraît-il souhaitable d'identifier et de dresser l'inventaire de l'ensemble des fonds recelant des archives littéraires, à la fois afin de réduire les pertes de temps et afin de favoriser la prise en compte de l'ensemble des archives pertinentes lors d'un travail. De même, ce travail pourra inciter à la description de certains fonds, qui devraient faire l'objet de traitements prioritaires afin que soit mieux exploitée leur dimension littéraire. Par ailleurs, la prise en compte de la nature littéraire de certains fonds hétérogènes pourrait parfois amener à les traiter différemment : ainsi, une obscure revue scoute (Le Godillot,) prendra une importance inattendue lorsqu'on s'avisera que Gaston Miron y publia nombre d'articles, y compris de brèves critiques et des textes généraux sur la littérature.

2) Nécessité du partage des informations et de la création d'outils de recherche et d'analyse

Si nous avons besoin d'outils plus efficaces permettant d'effectuer les recherches, nous avons aussi besoin de diffuser de manière plus systématique quoique à petite échelle une partie des résultats factuels de recherche. Certes, le corpus global touché par nos travaux est constitué d'archives anciennes ou modernes, homogènes ou hybrides, de sorte que ce partage d'information peut prendre des formes diverses; néanmoins il demeure nécessaire au développement de la recherche. Ainsi, les œuvres sur lesquelles travaillent les chercheurs rassemblés par cette initiative ont été publiées, pour une bonne part, durant la même période historique — c'est le cas de celles de Jacques Ferron, Gaston Miron, Paul-Émile Borduas, Gabrielle Roy, Claude Gauvreau, Fernand Dumont, Hubert Aquin, Jacques Brault et, dans une moindre mesure, pour les manuscrits divers venant des proches de Saint-Denys Garneau. Le croisement des informations et la comparaison des pratiques concrètes d'écriture se révèlent alors d'une grande fécondité en ce qu'ils permettent aux chercheurs d'échapper à la fascination de leurs objets et de rompre avec la tentation de considérer les pratiques singulières comme autant d'idiosyncrasies. Un tel partage d'informations est tout aussi crucial pour les chercheurs qui, comme Bernard Andrès, Marc André Bernier et Micheline Cambron, s'attachent à des fonds hybrides qui acquièrent leur cohérence par l'activité même du chercheur : le travail de détective de qui œuvre sur des fonds du XVIIe et du XIXe siècle impose un partage rapide des informations et des hypothèses principales de recherche. Dans cette perspective, l'élaboration d'un site Internet qui sera un élargissement substantiel de celui actuellement géré par le centre ARCHÈ et la création d'un espace Intranet parallèle favoriseront une meilleure circulation des informations. Ces outils permettront de résoudre certaines de nos interrogations et d'ouvrir de nouvelles voies de recherche : compréhension du fonctionnement des réseaux ayant contribué à la création d'un milieu littéraire (BEAUDET, 19 ); problématisation plus large de certains types de documents, comme les correspondances ou les textes journalistiques (MARCOTTE, 2000; CAMBRON, 1999); réflexion sur les types de pratiques scripturales auxquelles donna lieu le développement de la littérature québécoise entre la fin de la guerre 39-45 et la fin des années soixante-dix. L'originalité de notre initiative est que cette mise en commun des informations et des interrogations conduira à approfondir les pratiques individuelles de recherche et à éclairer des œuvres singulières plutôt que de viser l'élaboration de vastes synthèses habituellement soutenues par le Programme des grands travaux de recherche.

3) Questions techniques et déontologiques

Certaines difficultés techniques communes (conservation des données, numérisation, construction hypertextuelles, etc.) auxquelles sont confrontés certains chercheurs (entre autres Gilles Lapointe, qui entreprend la numérisation de correspondances de Borduas afin de pallier l'autodestruction des documents, Sophie Marcotte, qui étudie les possibilités d'édition hypertextuelle des manuscrits de Gabrielle Roy et David McKnight, engagé dans la diffusion numérisée d'archives de la collection des livres rares de l'Université McGill) doivent être abordées de manière collégiale. De même les impératifs éthiques et juridiques liés à nos travaux doivent faire l'objet de discussions et conduire à des actions convergentes. La création d'ateliers portant sur des questions bien circonscrites, comme celle de l'élaboration d'un code de déontologie, celle des incidences légales de l'utilisation des pièces manuscrites, ou encore celle du statut et du support des nouvelles archives constituées au fil du travail, favorisera la tenue de débats plus larges sur le statut du manuscrit et de l'archive dans la recherche.

4) Statut fragile des manuscrits et des archives littéraires

Tous le déplorent, nous ne disposons toujours pas d'une véritable politique de préservation et de mise en valeur des manuscrits et archives littéraires. Une volonté politique en ce sens semble vouloir se faire jour, tant au Gouvernement du Canada qu'au Gouvernement du Québec. À ce titre, la communauté des chercheurs sera appelée à se mobiliser et à prendre la parole sur la place publique. Appuyées sur la réflexion menée dans le cadre de cette initiative de recherche, nous espérons que nos interventions, mieux nourries et plus solidaires, pourront contribuer à la mise en place des politiques fécondes à la fois pour la protection du patrimoine et pour son inscription dans une recherche vivante.



PROBLÉMATIQUES AFFÉRENTES

1) La génétique littéraire et l'édition critique
Jusqu'à il y a peu, les travaux menés autour des manuscrits d'écrivains conduisaient presque exclusivement à l'établissement d'éditions critiques. À cette façon un peu statique de concevoir les brouillons et les divers états du manuscrit, les recherches actuelles qui intègrent une perspective génétique opposent une vision qui, tout à la fois, interroge la notion même d'œuvre (BEUGNOT, 1996) et fait des états antérieurs du texte publié le lieu au sein duquel peuvent être rendues lisibles certaines des voies de l'invention (DEBRAY-GENETTE et NEEFS, 1987; DIDIER et NEEFS, 1996; Hay, 1985; GRESILLON, 1996). On peut alors suivre la genèse de l'œuvre. Cependant, ce déplacement du regard, du texte publié vers les archives d'une œuvre, ne va pas sans poser des questions inédites. Que faire des œuvres que l'auteur a sciemment écartées de la publication? Tous les inédits ont-ils le même statut, faut-il les traiter différemment? Comment rendre compte d'œuvres pour lesquelles plusieurs manuscrits existent sans qu'un choix entre les diverses versions ait été effectué par l'auteur? Comment alors rendre compte à la fois de l'épaisseur du travail d'invention et de l'inachèvement de l'œuvre? De quelle manière peut-on éclairer les choix esthétiques d'un auteur par les ratures, refus, ellipses, ajouts qui marquent le passage d'un état à un autre du texte? Les membres des équipes travaillant sur les œuvres d'Hubert Aquin, Gabrielle Roy, Jacques Ferron, Jacques Brault, Réjean Ducharme, Gaston Miron, Paul-Émile Borduas et Claude Gauvreau se posent tous ces questions, qui revêtent pour chacun des formes à peine différentes, quoique ce type d'interrogation soit tout à fait neuf pour la littérature québécoise. Une réflexion commune sur les problèmes méthodologiques et éthiques soulevés par la génétique littéraire s'impose de toute évidence, compte tenu et du poids institutionnel des auteurs étudiés, et des effets prévisibles de travaux sur la définition même des œuvres. Elle permettra d'élaborer des outils et des protocoles mieux adaptés aux nouvelles exigences de la recherche.

2)La textologie
L'une des caractéristiques de la recherche sur les manuscrits et les archives littéraires est l'attention qui s'y trouve portée à la matérialité des objets. En effet, bien que les spécialistes de la littérature aient en vue le travail sur le discours porté par les documents analysés, il importe de ne pas faire abstraction des supports matériels, des traces diverses laissées par les interventions auctoriales, ni même des entours plastiques, graphiques ou discursifs qui donnent à un manuscrit ou à une pièce d'archive son épaisseur propre. Depuis une dizaine d'années, dans la foulée des méthodes développées tant du côté de l'histoire culturelle que du côté des études génétiques, les chercheurs ont ainsi développé des pratiques analytiques diverses (comme la textologie du journal, par exemple (Rétat, 1990)) visant à prendre en compte la totalité des aspects de l'objet auquel ils sont confrontés. Les chercheurs rassemblés dans le groupe IRMA se sont tous livrés à de semblables pratiques. Mais celles-ci ne peuvent évidemment pas être interrogées exclusivement de l'intérieur, les pratiques singulières étant étroitement amarrées aux objets spécifiques. Or, il importe maintenant d'évaluer le poids que ces pratiques exercent sur les voies actuelles de l'interprétation des œuvres littéraires, de s'interroger sur la manière dont ces pratiques tendent à distendre les champs disciplinaires traditionnels, de mesurer les effets induits par de telles stratégies de recherche sur la définition même de l'objet littéraire — ou pictural, ou musical, car ici la diversité des matériaux et des problèmes posés sera un moteur important de la réflexion — et sur les enjeux discursifs et culturels dans lesquels s'inscrivent nos travaux. Une meilleure compréhension des enjeux épistémologiques de nos pratiques ne pourra qu'enrichir nos travaux respectifs et l'ensemble de la communauté des chercheurs.

3) L'histoire culturelle: questions de patrimoine
Comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, les chercheurs qui œuvrent sur les manuscrits et les archives littéraires participent à l'élaboration de l'histoire culturelle québécoise. Dans cette perspective, d'innombrables chutes de nos travaux pourraient être mis à contribution par d'autres chercheurs si nous parvenions à mieux aménager la circulation de l'information — ce qui constitue l'un de nos objectifs premiers. Par ailleurs, la manière dont les divers travaux menés sur les manuscrits et les archives s'inscrivent dans les problématiques de l'histoire culturelle varie : contribution à la connaissance du patrimoine livresque, perspectives d'archéologie du littéraire ou de genèse de l'espace public, interrogations épistémologiques sur les relations entre historiographie et études littéraires, mise à jour de réseaux artistiques ou intellectuels. Ici encore, la prise en compte et la comparaison des divers cas de figure quant au statut culturel des objets pourra enrichir les travaux individuels et ouvrir la voie à des problématiques de recherche nouvelles, plus synthétiques. Ajoutons que le travail sur les manuscrits et les archives littéraires québécoises a donné lieu à des réinterprétations majeures quant à la nature de certaines œuvres (pensons à celle de Jacques Ferron, profondément remodelée par la lecture du Pas de Gamelin), et au rôle de certains périodiques — anciens ou contemporains — dans la vie culturelle. Cela fait apparaître l'urgence d'une évaluation de l'impact global de nos pratiques sur la façon de penser l'histoire culturelle québécoise.

Comme le montre bien ce rapide tour d'horizon des problèmes et des problématiques partagés par les chercheurs associés à IRMA, l'émergence du groupe IRMA dans le paysage de la recherche québécoise en études littéraires constitue une innovation majeure susceptible à la fois de permettre aux chercheurs de découvrir ensemble de nouvelles façons de produire et de diffuser des connaissances, d'encourager l'analyse critique des pratiques de recherche actuelles grâce à l'exploration systématique des outils conceptuels et méthodologiques en vigueur, et de promouvoir la conservation et le traitement des fonds d'archives ayant une portée littéraire, y compris ceux liés au patrimoine livresque ancien. Cette initiative permettra également d'affermir des partenariats essentiels au développement de la recherche, puisque la Bibliothèque nationale du Québec et la Bibliothèque nationale du Canada, ont accepté d'appuyer nos travaux. Enfin, l'entente existant entre le Centre ARCHÈ et l'Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM, relevant du CNRS, France) trouvera ici des prolongements utiles, favorisant la mobilité des chercheurs et des étudiants et les transferts de compétence.



STRUCTURE GÉNÉRALE DE FONCTIONNEMENT


Deux centres sont co-responsables de la dimension intellectuelle du projet, le centre ARCHÈ et le CRILCQ. Micheline Cambron, signataire de la demande et Bernard Andrès en sont co-directeurs. Afin de favoriser l'atteinte des résultats, un comité de gestion a en outre été formé, qui regroupe des chercheurs de six universités représentées dans la demande : Jacinthe Martel (UQAM), Marie-Andrée Beaudet (codirectrice du CRILCQ, Université Laval/
CRILCQ), Micheline Cambron (Université de Montréal/CRILCQ), Pierre L'Hérault (Université Concordia), Marcel Olscamp (Université d'Ottawa) et François Ricard (Université McGill).

Bien entendu, il est dans la nature d'une telle initiative d'élargir son cadre d'action et d'étendre ses collaborations au fil des activités. De ce point de vue, il n'est pas exclu que d'autres chercheurs ayant œuvré ou œuvrant sur d'autres fonds constitués de manuscrits et d'archives, littéraires ou non, soient invités à participer aux travaux — lesquels pourraient par exemple s'ouvrir à l'épineuse question de la gestion des fonds seconds dont disposent certains centres (ARCHÈ,
CRILCQ).

Plan de travail et échéancier


1ère année
— création d'un site Intranet favorisant les échanges d'informations;
— développement du site actuel du groupe ARCHÈ de manière à rendre compte de l'ensemble des travaux associés à IRMA;
— élaboration d'un inventaire des fonds d'archives littéraires ou partiellement littéraires. Ce travail se fera avec l'aide de partenaires : Bibliothèque nationale du Québec, Bibliothèque nationale du Canada, selon des modalités concrètes qui restent à déterminer. Il n'est pas exclu que cet inventaire permette d'identifier des fonds dont le traitement (catalogage, description, etc.), jugé prioritaire, pourrait être suggéré à leurs dépositaires. À ce chapitre, l'encadrement des étudiants agissant comme assistants de recherche sera effectué de manière à favoriser la circulation entre les institutions;
— tenue d'au moins trois ateliers liés aux problèmes ou aux problématiques communes;
— développement d'un code de déontologie pour les chercheurs (interviews, usage des documents, conservation des pièces en duplicata, etc.)

2e année
— maintien et développement des sites Internet et Intranet;
— continuation de l'inventaire des fonds d'archives littéraires ou partiellement littéraires;
— publication d'un premier numéro de la collection Les Cahiers d'IRMA, Cahiers du CÉTUQ/Figura, diffusant les travaux effectués au cours de l'année précédente;
— séminaire interuniversitaire (2e et 3e cycles) crédité sur les manuscrits et les archives littéraires : réflexion critique sur les pratiques actuelles et leurs effets institutionnels et intellectuels (placé sous la responsabilité conjointe des membres du comité de gestion). Ce séminaire permettra d'intégrer davantage les assistants de recherche aux perspectives d'ensemble et recevra, à titre d'invités, quelques spécialistes étrangers familiers avec nos interrogations, dont au moins un membre de l'ITEM;
— ateliers ponctuels sur des questions techniques : droits, problèmes posé par l'inventaire général, techniques d'entrevue, etc.)

3e année
— maintien et développement des sites Internet et Intranet;
— continuation de l'inventaire des fonds d'archives littéraires ou partiellement littéraires;
— publication d'un second numéro de la collection Les Cahiers d'IRMA, Cahiers du CÉTUQ/FIGURA, diffusant les travaux effectués au cours de l'année précédente. Certains des étudiants participant au Séminaire interuniversitaire de la 1ère année verront ainsi leurs travaux publiés;
— séminaire interuniversitaire (2e et 3e cycles) crédité portant sur les dimensions esthétiques et éthiques du travail sur les manuscrits et les archives. Ce séminaire permettra d'intégrer davantage les assistants de recherche aux perspectives d'ensemble. Les membres de l'équipe y interviendront sous forme d'exposés intégrant cas concrets et réflexion théorique;
— création de partenariats plus larges, dans un souci de partage des expertises et de transfert des compétences;
— tenue d'un colloque international sur le manuscrit et l'archive littéraire. Ce colloque, dont les actes seront publiés, rassemblera des chercheurs de divers pays et de diverses disciplines autour de la question de l'archive littéraire et de son rôle dans le réaménagement des savoirs et de la mémoire.
— préparation d'un troisième numéro des Cahiers d'IRMA, à paraître dans les mois qui suivront la fin des travaux.



DESCRIPTION DE L'ÉQUIPE

Pour plus de renseignements sur les

Structure administrative
Deux co-directeurs : Micheline Cambron (codirectrice du
CRILCQ, Université de Montréal), signataire du projet et Bernard Andrès (directeur du Centre ARCHÈ, UQAM)

Un comité de gestion : Jacinthe Martel (UQAM), Marie-Andrée Beaudet (Université Laval/
CRILCQ), Micheline Cambron (Université de Montréal/CRILCQ), Pierre L'Hérault (Université Concordia), Marcel Olscamp (Université d'Ottawa) et François Ricard (Université McGill).

Expertises et contributions au travail commun
Les chercheurs apportent à l'équipe des expertises diverses mais aussi des interrogations propres à suciter les échanges. Pour chacun d'eux, nous indiquons les recheches qui justifient l'intégration à l'équipe, les préoccupations principales et, éventuellement, une publication témoignant de l'état de ses interrogations.

Bernard ANDRES (UQAM): responsable de l'ALAQ (Archéologie du littéraire au Québec); travaille sur les archives littéraires de la période de l'après-conquête, et les rapports entre autobiographie, histoire et fiction

Marie-Andrée BEAUDET (U. Laval): responsable du projet Archives de Gaston Miron; s'intéresse aux questions de classement et de conservation des archives et manuscrits, à la théorie des réseaux, à la génétique et à l'histoire littéraire.

Marc André BERNIER (UQTR): responsable de HERMES (Archive et rhétorique), travaille sur le patrimoine livresque (XVIIe et XVIIIe siècles) et les traités d'éloquence anciens au Québec; s'intéresse aux questions de convervation et de mise en valeur du patrimoine et au rôle des traités dans la genèse du discours québécois relevant de l'éloquence.

Micheline CAMBRON (U. de Montréal): spécialiste de la presse et des archives du XIXe siècle québécois, responsable de l'édition critique d'Une partie de campagne de Pierre Petitclair et d'un projet sur La non-lecture de la littérature québécoise du XIXe siècle; s'intéresse aux questions de lecture de l'archive, aux liens entre archives et configuration de l'espace public, et aux relations entre mémoire, histoire et récit.

François DUMONT (U. Laval): responsable du fonds d'archives déposé à l'Université Laval par la Fondation de Saint-Denys Garneau et des archives de Fernand Dumont. S'intéresse à la conservation et à la mise valeur des archives et des manuscrits, à la hiérarchisation des divers types de pièces, selon leur nature et leur caractéristiques génériques.

Jane EVERETT (U. McGill) : co-chercheur du Groupe de recherche sur Gabrielle Roy, s'intéresse aux questions d'autobiographie, à l'étude génétique, à l'inscription des textes dans l'histoire littéraire.

Gilles LAPOINTE (UQAM) : travaille sur les archives liées à Claude Gauvreau et à Paul-Émile Borduas dans le cadre d'un projet d'édition des correspondances, également rattaché à la Chaire en histoire de l'art canadien (U. Concordia), œuvre conjointement avec François-Marc Gagnon à la mise sur pied d'un site électronique multimedia sur l'art canadien; s'intéresse à la question des support archivistiques.

Pierre L'HERAULT (U. Concordia): co-chercheur du groupe Jacques Ferron inédit, spécialiste des manuscrits de Ferron et des questions d'autobiographie; s'intéresse à la génétique, à la théorie des réseaux, aux questions de droits et à la gestion des fonds.

Sophie MARCOTTE (U. Concordia): co-chercheur du Groupe de recherche sur Gabrielle Roy, spécialiste de la correspondance et de l'édition critique; s'interoge sur l'édition numérique et/ou hypertextuelle.

Jacinthe MARTEL (UQAM): responsable de l'ARGILE (Archive et génétique littéraire), spécialiste de la génétique (Ponge, Aquin, Brault); s'intéresse à la mise en valeur et à l'analyse de l'archive des écrivains.

David MCKNIGHT (U. McGill): responsable du fonds Hugh McLennan et de la numérisation de manuscrits ou d'éditions rassemblés à la section des livres rarres de la Bibliothèque de l'U. McGill; s'intéresse aux question de classement, d'analyse, de publication numérique et/ou hypertextuelle, aux liens entre les écrivains montréalais des deux communautés linguistiques.

Ginette MICHAUD (U.de Montréal): co-chercheur du groupe Jacques Ferron inédit, spécialiste de Ferron et des questions d'écriture de soi; s'intéresse aux effets de l'analyse des manuscrits.

Élisabeth NARDOUT-LAFARGE (U. de Montréal): spécialiste de Ducharme et des questions d'histoire littéraire, entreprend l'analyse du fonds Réjean Ducharme; s'intéresse à la génétique, à l'intertextualité.

Pierre NEPVEU (U. de Montréal): co-chercheur au projet Archives de Gaston Miron; s'intéresse au archives d'écrivain comme écriture de soi, à la vie littéraire telle que les archives la donne à voir, au statut des archives dans le cadre de l'écriture biographique.

Marcel OLSCAMP (U. d'Ottawa): responsable du groupe Jacques Ferron inédit spécialiste des manuscrits de Ferron et des questions d'autobiographie; s'intéresse à la génétique, à la théorie des réseaux.

François RICARD: (U. McGill): responsable du Groupe de recherche sur Gabrielle Roy, spécialiste de l'autobiographique et du biographique; s'intéresse à l'analyse des manuscrits et à la gestion des fonds.