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UN HYMNE À ATON

NOTES:
  • Un passage d'un hymne datant du règne d'Amenhotep / Akhénaton (XVIIIe dynastie)
  • Claire Lalouette, Textes sacrés et profanes de l’ancienne Égypte, 2, pages 126-7.


Tu te lèves bellement dans l’horizon du ciel, ô disque vivant qui ordonne la vie. Tandis que tu apparais dans l’horizon oriental, après avoir empli le pays tout entier de ta perfection, tu es beau, grand, étincelant, élevé au-dessus de la terre en toute son étendue. Tes rayons enveloppent les pays jusqu'à la limite de tout ce que tu as créé. Tu es Rê, et tu rapproches leurs extrémités, tu les lies pour ton fils bien-aimé. Tu es lointain, mais tes rayons sont sur la terre ; tu es dans les regards, et l’on peut contempler ton voyage.

Mais lorsque tu te couches dans l’horizon de l’Occident, le pays est dans les ténèbres, comme mort ; les hommes sont allongés dans leurs chambres, recouverts d’un linge, et chaque œil ne voit même plus son compagnon ; si tous leurs biens, placés pourtant sous leurs têtes, étaient saisis, ils ne s’en apercevraient même pas. Chaque lion sort de sa tanière, tous les serpents piquent, car la nuit est (pour eux) le temps de la lumière. La terre est dans le silence, car son créateur est en son horizon.

Quand (à nouveau) blanchit la terre, alors que tu apparais radieux en l’horizon, tu étincelles, ô Aton, comme le jour. Tu repousses la nuit, tu donnes tes rayons et le Double Pays est en liesse. (Ceux qui dormaient) s’éveillent, se dressent sur leurs pieds, car tu les fais se lever ; ils lavent leurs corps, prennent leurs vêtements, tandis que de leurs mains ils louent et acclament ta radieuse apparition ; et le pays entier accomplit ses travaux. Les animaux de toute espèce se reposent sur leurs pâtures ; les arbres et les plantes reverdissent ; les oiseaux volettent dans leurs nids, tandis que leurs ailes décloses louent et acclament ton ka ; le petit bétail saute sur ses pieds. Tout ce qui vole et se pose vit lorsque tu apparais radieux. Les bateaux remontent le courant, le descendent de même, car chaque route s’ouvre, lorsque tu apparais. Les poissons du fleuve font des bonds vers ton visage. Tes rayons pénètrent à l’intérieur de la Très Verte. Tu rends les femmes fécondes et crées la semence chez les hommes, faisant vivre le fils dans le sein de sa mère, l’apaisant et tarissant ses larmes, nourrice, déjà, dans le ventre (de la femme), donnant l’air pour faire vivre toutes les créatures. Lorsque (l’enfant) descend du ventre (de sa mère), au jour de sa naissance, tu ouvres sa bouche et pourvois à ses besoins. Le poussin dans le nid gazouille en sa coquille, car tu lui donnes les souffles pour l’animer ; tu façonnes sa forme tout entière, de telle sorte qu’il puisse briser l’œuf ; lorsqu’il en sort, il gazouille très fort et marche sur ses pattes.

Combien multiple est ton œuvre !

- FIN DE L'EXTRAIT-