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UQAM ›  École de langues  › Hommage à Madeleine Gagnon
Foire aux questions
Apprendre pour ouvrir des frontières.

HOMMAGE À MADELEINE GAGNON


Il y a tout juste un an nous quittait notre collègue et amie Madeleine Gagnon. En ce jour de triste anniversaire, nous avons une pensée émue pour elle et pour les siens. Son souvenir demeure vivace au sein de l’École, où elle a tant donné, et restera gravé dans la mémoire de notre cœur.

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Le Dernier Devoir

Chère Madame Gagnon,

Je pense à vous et je me demande si vous êtes au ciel avec notre Créateur. Est-ce que vous avez retrouvé des membres de votre famille qui avaient parti avant vous? Peut-être que vous êtes déjà réincarné. Dormez-vous tranquillement en attendant le dernier jugement?

Je voudrais bien vous souhaiter le mieux dans cet instant, mais je ne sais pas où vos êtes ou même si vous êtes. J`essaye et pourtant, à cause de mes limitations humaines je ne le peux pas faire. La mort est trop abstraite pour moi, un énorme vide où je ne peut pas rentrer. La mort est le grand mystère de la vie. Et donc, la seule chose que me reste et qui me conforte est que vous étiez. Si, vous avez existé. Je souhaite donc tout le bien à qui vous étiez, à l'enfant que vous étiez. Je souhaite que vous ayez eu un jardin avec de papillons bleu, aussi un chien et une maison toujours rempli de gens. Je souhaite que vous ayez mangé beaucoup de bonbons et que vous ayez eu une mère très gentille. Je souhaite, à l`adolescent que vous étiez une fois, que vous ayez connu la sensation de liberté et de pouvoir changer le monde et que votre premier amour ayez été magique. Je souhaite que vous ayez ri, aimé, senti le vent frais de l`après-midi dans votre peau et su la sécurité et la fragilité de savoir enfin ce que vous étiez : un être humaine avec infini potentiel et infini limitations. Je souhaite que vous ayez donné un sens à votre vie, que vous ayez expérimenté la rédemption et que quelqu`un vous ayez aimé inconditionnellement. Que vous ayez appris sans avoir besoin de trop souffrir. Que vous ayez eu plusieurs moments où vous avez pensé "Ce n`est pas possible d`être plus heureuse que ça". Que vous ayez partagé les petites bonheurs quotidiens avec quelqu`un que vous aimiez beaucoup.

Je ferme mes yeux et je vous vois faire tout ça, parce que vous étiez. Cela est la seule réponse que j`ai trouvée dans cet instant éphémère. C`est la seule verité que je peux comprendre et c`est plus qu`assez, parce que vous étiez. Quelle chance!

Je vous remercie Professeure!

Larissa B. dos Santos

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«Le texte suivant a été publié dans le SPUQ info :»

Madame Madeleine

«Madame Madeleine n’est plus». «Madame Madeleine», comme la nommaient affectueusement ses étudiants, c’est Madeleine Gagnon, maître de langue dans le programme de français pour non-francophones à l’École de langues, décédée le 11 novembre 2009 emportée par un cancer foudroyant.

Madeleine était une personne exceptionnelle, qui, tout en œuvrant dans l’ombre, a transformé la vie de centaines d’étudiants. Elle se distinguait non seulement par son talent de pédagogue, mais aussi par son implication et son dévouement à aider les nouveaux arrivants à s’intégrer à l’université et à la société québécoise. Car enseigner le français à des groupes d’une quarantaine d’étudiants, n’ayant aucune connaissance de la langue française, relève d’une profession de foi. Elle a représenté une source d’inspiration pour toutes celles et tous ceux qui l’ont côtoyée au quotidien.

Madeleine avait passé plusieurs années en République Tchèque avant d’obtenir un poste de chargée de cours en français langue seconde à l’UQAM en 2001. C’est dire combien Madeleine comprenait le défi que cela impliquait d’apprendre une nouvelle langue et de devoir s’intégrer dans un milieu complètement étranger. En 2002, Madeleine est devenue maître de langue en français langue seconde, et peu après, celle-ci a pris la direction du programme. Elle ne comptait pas ses heures, passait le temps qu’il fallait à expliquer avec une patience infinie le cheminement académique à des étudiants qui savaient à peine dire «bonjour» en français, à les guider et à leur prodiguer toutes sortes de conseils, sans pour autant les « materner » car Madeleine prônait au contraire l’importance de les rendre autonomes le plus vite possible.

Ce souci de la part de Madeleine de voir ses étudiants s’intégrer rapidement à la société d’accueil s’est traduit par l’organisation et la création de plusieurs activités qui leur ont permis de consolider leur connaissance du français et de la culture québécoise. Étant donné que 70% des étudiants du programme de français est constitué d’étudiants d’origine chinoise, Madeleine avait bâti des séances de cours données en chinois leur présentant les différences entre la langue française et chinoise afin que ces derniers se sentent moins perdus.

La générosité de Madeleine ne peut se mesurer. Son engagement inconditionnel pour la promotion du français et pour la culture québécoise mérite d’être souligné car Madeleine a toujours défendu avec ténacité cette langue qu’elle a transmise avec amour à ses étudiants.

Les quelques exemples énoncés ne donnent qu’un aperçu du dévouement que Madeleine Gagnon a démontré vis-à-vis des étudiants immigrants de l’École de langues. Sa personnalité attachante teintée de délicatesse et de discrétion faisait que les étudiants lui vouaient une grande affection et n’hésitaient pas à revenir à l’UQAM pour lui exprimer leur gratitude après même avoir terminé leurs études.

Madeleine était tout aussi généreuse de son temps avec ses collègues et avec les nouvelles recrues qui avaient besoin de son expertise. Elle n’hésitait donc pas à donner de judicieux conseils à qui le demandait. De plus, elle avait cette caractéristique intrinsèque aux personnes qui ont cette facilité toute naturelle de se lier avec les gens. Et donc, dès le premier contact, et grâce à son humour, on se sentait tout de suite à l’aise avec Madeleine. Deux semaines avant son décès, celle-ci nous faisait tous rire en pleine assemblée par une imitation de Fabrice Luchini qu’elle avait vu en spectacle la veille. Nous avions d’ailleurs consacré Madeleine «personne ressource» pour nos activités culturelles! Discuter avec elle de livres, de cinéma, de théâtre, de politique, de voyages nous procurait un réel plaisir. Pour plusieurs d’entre nous, Madeleine n’était pas seulement une collègue, elle était aussi une amie.

Madame Madeleine, tu resteras dans nos cœurs pour toujours.

Gladys Benudiz
Directrice
École de langues

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UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 16 novembre 2010